Le Fascisme ne passera pas !
(texte de Michel MAZEAS - 1985)
Les grèves de 1924 à Douarnenez ont fait la « une » des journaux de l’époque.
Elles ont un caractère exemplaire à plusieurs titres.
D’abord c’est une lutte de femmes pour de meilleures conditions de salaire et de travail. C’est aussi une reconnaissance complète des droits de la femme.
Sans vouloir se poser en suffragette, Joséphine Pencalet est candidate aux élections municipales. Elle est élue, première femme conseillère municipale.
Son élection est invalidée : les femmes n’ont pas le droit de vote et ne sont pas éligibles. Impensable aujourd’hui, mais vrai en 1924.
Elue par des hommes, qui seuls ont le droit de vote, Joséphine Pencalet est éliminée par le règlement ! Elle n’en continue pas moins à « mener le combat » avec ses camarades de travail, à l’usine, où parfois leurs voix s’élèvent pour chanter :
« Saluez ! riches heureux !
Ces pauvres en haillons
Saluez ! ce sont eux
Qui gagnent vos millions ! »
On a pu dire aussi des évènements de Douarnenez qu’ils ont donné un coup d’arrêt, dès le départ, à la montée du mouvement fasciste en France.
La réaction des travailleuses de la conserve, de toute une population, l’écho que la presse en a donné, ont fait reculer les nostalgiques des solutions violentes pour éliminer la démocratie.
C’est en cela que Douarnenez tient une place historique, trop peu connue, dans la sauvegarde des libertés fondamentales.
Le professeur Kurella, décédé aujourd’hui, en a fait l’objet d’une thèse.
Il était présent à Douarnenez en 1924.
Il était Allemand.
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