Douarnenez chante rouge
(texte de Michel MAZEAS - 1985)
Les idées exprimées par les philosophes du XIXe siècle sur la transformation du monde, reprises par les tribuns du XXe siècle comme Jean Jaurès, trouvent un écho dans la population de Douarnenez.
Aux premières élections municipales de l’après-guerre, en 1919, c’est un socialiste, Fernand Le Goïc, qui est élu maire.
En 1921, une nouvelle élection désigne Sébastien Velly au poste de premier magistrat. Il se réclame de ceux qui ont suivi Marcel Cachin au Congrès de Tours. Il devient du même coup le premier maire communiste de France.
Son successeur, Daniel Le Flanchec, élu en 1924, va beaucoup faire parler de lui.
Il soutient la grève des ouvrières d’usine, l’année - même où il est élu, avec une force de conviction qui étonne encore aujourd’hui.
« Pemp real a vo », crient les femmes.
C’est leur revendication salariale : elles veulent vingt cinq sous de plus.
Elles chantent aussi : « C’est Flanchec. C’est notre roi ! »
La lutte est très âpre.
Dans la nuit du 31 décembre 1924 au 1er janvier 1925, Le Flanchec est victime d’un attentat : une balle lui traverse la gorge.
L’Hôtel de France, où logeaient ses agresseurs, est mis à sac par une foule en colère.
Les tueurs s’enfuient mais ils seront repris.
Les femmes retourneront au travail, victorieuses !
Vingt ans après Le Flanchec meurt en déportation.
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