La ville de Pouldavid
(texte de Michel MAZEAS - 1985)
A partir du fief ecclésiastique de l’île Tristan dont Ploaré est la paroisse-mère, se développe une activité considérable.
Au fond de la ria de Porz-Ru s’établit un port que l’on nomme la Ville de Pouldavid.
Vins, poissons salés, blés, toiles à voile transitent par ses quais vers l’Angleterre, vers Kircudbright en Ecosse, vers Galway en Irlande, vers Ar- nemuiden aux Pays-Bas, vers Bordeaux, vers Bilbao en Espagne…
Pour ce trafic, 80 bateaux traversent continuellement la Manche, vers la Grande-Bretagne entre 1481 et 1500 , sans compter tous les autres.
Pour s’ancrer dans le port, ils paient chacun dix sols-monnaie.
Le seigneur du Névet, dont c’est le chef-lieu, y perçoit des droits importants.
L’or circule, comme l’indique un lot de pièces d’or, découvert en 1956 à Tréboul.
L’actuel Douarnenez est alors désigné comme un bourg, hâvre de pêcheurs, tourné vers l’anse du Rosmeur alors que le porz-Ru abrite les avant-ports de Pouldavid qu’on appelle Tréboul-Goz, Trébihan et Porz-Ru.
C’est l’époque où 2000 navires bretons sillonnent les mers. C’est le temps où, venant de Madère, un vaisseau breton débarque à Bruges la première cargaison de sucre. La date : 1468.
Alors, on peut se poser la question : les voiles, ces « poldavys », fabriquées ici et qu’utilisent les baleiniers de Bilbao, ne se gonflent-elles pas aussi aux vergues des caravelles de Christophe Colomb en route vers l’Amérique ?
|